Lula elle est partie.

Ça finira mal.

J’te rattraperai.

J’ai un caillou dans la chaussure. Je sais qu’il suffirait de l’enlever, secouer ma godasse, debout sur un seul pied, jusqu’à ce que l’intrus en tombe. Ce qui pourrait m’arriver d’pire, c’est tomber dans la boue, parce-que j’ai jamais eu un très grand sens de l’équilibre et des mouvements brusques comme ça, moi, j’me connais, c’est un coup à se retrouver le cul par terre.

Mais nan. J’veux pas revoir la poussière. J’peux pas. J’vais m’asseoir quelques minutes sur le bord du chemin, pas poser mon pied, le temps que je ne sente plus le caillou, et puis tout ira mieux.

T’inquiète pas, pars devant, j’arrive tout d’suite. J’me dépêche.

Just wanna punch that bitch in the face.

Hard.

…je retourne me coucher.

Like a bolt out of the blue.

 

It’s better to burn out than to fade away.

Je ne sais plus me faire de mal.
Je sais plus me foutre en l’air. J’ai pas envie. J’ai pas besoin. J’y arrive plus. C’est au moins une chose qu’on fera à ma place, un jour. C’est sûrement la seule d’ailleurs.

J’ai deux ans et j’m'accroche à ses jambes comme si ma vie en dépendait, comme si derrière ses genoux j’étais à l’abri de tout. C’est qu’un cauchemar, j’me dis que c’est qu’un cauchemar. Mais putain.
J’peux pas la supporter, j’peux pas lui dire que j’l'aime, j’peux pas lui dire qu’elle m’emmerde. J’peux pas vivre avec elle. J’ai la rage au ventre quand elle croit que je vis en fonction d’elle, quand elle se voit dans mes choix, dans mes erreurs, quand elle voit des erreurs dans mes choix. J’ai un peu la trouille quand on nous dit qu’on se ressemble. Un peu honte d’en avoir peur.
J’peux pas vivre avec elle mais je peux surtout pas vivre sans. J’ai la trouille mais je suis putain de fière d’être sa fille.

You better take care of her, doctor.

 

Si j’ai failli mourir quand j’étais un cauchemar.

I might don’t know what i need, but i know when i’m gonna need it and i think this is right now.

What can I say ?

Il faudrait inventer des nouveaux mots, ou en apprendre plus. Parce-que parfois, souvent, trop souvent, ça fait comme une bulle qui éclate, ça ne laisse qu’un joli vide à combler, et moi j’sais pas quoi dire.

Je me lève et je prends des pillules pour dormir.

C’est comme dans ce vieux bouquin chez mes grands parents, lu et relu tous les étés de 96 à 2003, et où le héros vivait inlassablement le même jour – celui de la rentrée. Quand je le lisais je me disais que je deviendrais folle si je devais rester bloquée sur un jour sans pouvoir avancer. Et c’est exactement ce qui est en train d’arriver.

J’veux pas faire la même chose tous les jours toute ma vie. Au secours.

Et puis le temps qui ne s’écoulerait pas, ça serait des aiguilles dans les bulles de mon papier.

Crève charogne.

Des mots d’amour. Des mots de tous les jours, tout ça.

J’ai l’coeur qui s’balade sur le bord d’un précipice, qui joue au con. J’ai l’coeur qu’est tombé sur un fruit pourri et qui a encore le goût en bouche, au fond. J’ai l’coeur qui dirige tout mais ne contrôle rien, qui s’prend pour qui ? J’ai l’coeur qui ferme sa gueule quand il faudrait pas et qui l’ouvre quand il devrait se taire. J’ai l’coeur qui prend trop de place, qui disparait.

Mon coeur est un imbécile capricieux bien trop vulnérable. Cette année j’ai pas fait ma réserve de papier bulle.

Et puis je prends des trains à travers la plaine. La prochaine fois j’irai me promener en boxer dans les orties ça sera plus intelligent.

Tes erreurs, mes jugements, mes jurons, tes errements.

Can you practice what you preach ?

If i lay here, if i just lay here…

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