You’d rather make it hard.

by lulasaysdotnet

Tu peux pas arrêter le traffic, foncer sur la voie de droite en une seule fois, sans te servir du rétro, déraper sur la bande d’arrêt d’urgence juste parce que t’as envie de bailler. C’est pas une urgence parait-il. Tu risques de t’endormir au volant, de finir dans le décor, avec tes passagers, et peut être deux ou trois autres caisses, mais tu peux pas t’arrêter là. La prochaine aire est dans 65 km. Vas y roule. Pas trop doucement pas trop vite, toujours tout droit et les lignes blanches qui se succèdent sous le capot, tu les avales. Monotonie. T’as pas trop le temps de lire les panneaux, si tu ralentis le connard qui te colle au cul depuis 1 heure va te défoncer. Allez roule. 60 km.
Ah tu sais quoi ? L’aire en fait c’est un coin de parking glauque avec des chiottes turques. Tu pourras pas t’arrêter bien longtemps, tu peux te toucher pour le café dont tu rêves et bien sûr t’es le seul qui a le permis dans cette putain de caisse. T’as perdu le compte des kilomètres depuis les derniers bouchons, tu sais plus trop bien pour combien de temps encore tu dois tenir. 40 km.
Tout le monde pionce, la radio crache des trucs insipides qui te bercent plus qu’autre chose. “Mais si ça va te tenir éveillé tu vas voir”… 20 km.
T’as mal au cul à rester assis comme ça, ton dos t’insulte, t’as une crampe à la cheville, ta tête pèse 2 tonnes et tes yeux se plissent bientot tellement que c’est plus que deux fentes. Tu te crispes. 10 km.
Tu changes de station de radio, les autres crépitent encore plus. Tu tends la main vers la bouteille d’eau que t’as achetée avant de partir. Si tu peux pisser dans 5 minutes, tu t’autorises à boire un peu. Ah bah non, le passager a fini la flotte il y a 1 heure, avant de baisser son siège pour dormir. 2 km.
Tu éteins la musique et tu te rabats à droite. Rétro, clignotant, laisse moi passer connasse.

Aire fermée pour rénovation. Prochaine aire : 45 km.

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