Lula elle est partie.

Ça finira mal.

Month: December, 2013

Wasting my young years.

by lulasaysdotnet

La dernière fois que j’ai dormi dans cette chambre c’était y a un peu plus de 5 ans. Des années lumières en fait.
Si j’pouvais me transporter à cette nuit là, qu’est ce que je me dirais ?

J’me dirais qu’c’est pas la peine d’essayer de pas passer à coté de ma vie, que c’est en essayant justement que ça va finir par arriver.

J’me dirais qu’c’est pas grave, que j’peux courir sur ce sol glissant, que c’est pas grave de tomber. Qu’on s’relève, c’est tout.

J’me dirais que pour vivre j’ai seulement besoin d’air et d’eau, que c’est bon, que j’peux laisser aller.

J’crois que j’me prendrais moi même dans mes bras et que j’dirais simplement que ça va aller. Parce que c’est tout c’que j’aurais voulu savoir, il y a 5 ans, que ça allait aller.

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You can tell them all how good it feels to be let down.

by lulasaysdotnet

C’est quoi l’plan ?

J’sais pas moi. C’était d’arriver ici. Et après ? Après j’sais pas. Bah trouve. Secoue toi !
Alors on va être bien clairs, on va se mettre d’accord. Pour commencer le plan c’est que le prochain qui me dit de me secouer, c’est sa gueule que je vais secouer. Simplement. Putain mais, me secouer, sérieusement, tu crois que j’y avais pas pensé toute seule ? Tu crois que j’ai pas déjà pensé à tout ? Secoue toi. Mais ta gueule juste. T’en es jamais arrivé au point que la seule chose qui te retient de passer sous le métro plutôt que dedans c’est la pensée – furtive – que ça va faire désordre, hein, pour oser me dire de me secouer ?

J’me suis pas secouée pour en arriver là, j’ai donné tout c’que j’avais, et même c’que j’avais pas, c’que j’aurais pas dû donner. J’me secoue pas tous les jours pour tenir debout, pour maintenir la façade, j’déplace des Everest. J’me secoue pas non plus pour, juste, le matin, ouvrir les yeux, je fais la guerre. Alors tes conseils et toi vous vous barrez bien gentiment, moi j’ai d’autres combats à mener que celui de t’expliquer tout ça.

Donc le plan. J’en ai pas la moindre putain d’idée.

Tu vois j’croyais que j’contrôlais à peu près moi, hier encore. Mais pas du tout, j’contrôlais que dalle.

Feet don’t fail me now.

by lulasaysdotnet

Tu voulais que je dise quoi ? Ma mère me fait du chantage au suicide pour que je reste avec mon frère instable et violent et mon père me demande de ne pas trop chercher non plus ?
Bah nan, juste nan. C’est pas quelque chose que tu sors au détour de la discussion entre le café et la clope. Alors « je suis fatiguée en ce moment, le changement de température c’est terrible ».

 

La nausée et les entrailles qui tremblent de fatigue, plus fragile qu’un château de cartes en pleine tempête, foutue.

 

Allez, c’pas grave.

Les tempêtes de l’inéluctable.

by lulasaysdotnet

“Ne surtout pas fermer sa gueule quand il n’y a pas à la fermer.”

On est bien d’accord. De toute façon au bout d’un moment tu peux plus, ça déborde de ta bouche, et si tu gardes les lèvres scellées, ça te pourrit le cerveau, te défonce le crâne, te nécrose le cœur.

De toute façon, pour rester en vie il faut l’ouvrir au bout d’un moment. Faut plus laisser la pression monter. Faut être sérieux cinq minutes.

C’est ta survie qui se joue là. Rebelle toi.

Ouais. D’accord. De toute façon, c’est clair que t’as pas d’autre option, pas le choix.

Ouais. D’accord.

Oui mais après ? C’est beau tout ça, mais après ? Tu fais quoi après la fin du monde ?

Admettons que je mène ma Révolution, admettons qu’au terme d’une lutte acharnée, j’arrive à mes fins. Admettons que je gagne la guerre. Et puis ?

Et maintenant on joue à quoi ?

Break my own heart.

by lulasaysdotnet

C’est comme si tu disais à un paraplégique “bah ouais mais faut s’forcer, faut s’lever de son fauteuil et marcher un peu”. Je peux pas. Qu’est ce que tu comprends pas ?

Me regarde pas comme ça, j’t’entends déjà me dire que c’est une honte d’oser comparer mes bosses et mes bleus à un handicap. T’as sans doute raison ouais. C’est pas très classe, mais c’est tout c’que j’ai. J’vois pas pourquoi je me fatigue, de toute façon tu comprendras pas. Faudrait sans doute que j’me lève et que je marche. En silence.

Faut pas croire que je rêve pas du jour où je serai parfaitement parfaite. Où je serai celle que j’ai toujours voulu être, ou que tout le monde aurait toujours voulu que je sois.
J’suis déjà passé pas loin.

Un jour je.
Un jour je serai plus une imposture.

Laisse moi me voiler la face encore un peu. Juste cette nuit. Laisse moi croire que les boulets à mes pieds, à ma peau, m’autoriseront à avancer.