Lula elle est partie.

Ça finira mal.

Month: November, 2014

It’s hard to explain.

by lulasaysdotnet

J’entends la trotteuse de ma montre. J’aime bien. Ça m’apaise. Ça serait la montre de quelqu’un d’autre, ça me ferait bouillir de rage. Mais là ça m’apaise.

Je l’entends se lever et ouvrir la fenêtre. Elle sait que je ne dors pas, je pense. Il est beaucoup trop tôt pour que je dorme.
Elle va juste ouvrir la fenêtre, et au fond de mon ventre, mes organes se sont contractés. De peur.
Elle tient à peine debout, à peine éveillée. J’ai pas besoin de lui demander pour savoir qu’elle a des antidépresseurs dans le sang à suinter par les pores de sa peau. Elle parle pas. Quand je ris, elle grimace, je ris un peu fort, c’est parce que je me force. Je me force à parler, à dire quelque chose de drôle. Elle rit, mais ça lui fait mal, alors elle arrête et elle va se coucher. Mais elle ne dort pas, je l’entends.

Elle s’est suicidée alors qu’ils dormaient à l’étage, ils ont pas fait attention le lendemain matin, ils l’ont trouvée le lendemain soir, en rentrant de leur journée de boulot et d’école.

Elle ouvre la fenêtre et mon sang se glace d’un coup. Est-ce qu’elle pourrait ?
Elle a simplement chaud, elle a des bouffées de chaleur en ce moment. Est-ce qu’elle oserait ?

J’avais fini ma guerre, je veux pas me battre pour la sienne, pour la leur. Mais ai-je le choix ? Je peux pas déserter alors que quand elle ouvre la fenêtre j’ai la trouille.

Il est beaucoup trop haut cet appartement.

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Don’t stop me now.

by lulasaysdotnet

I’m having such a good time.

J’ai regardé en arrière, je n’y étais plus. Il y avait des ruines, des cendres, un champ de bataille au lendemain de l’armistice. Et je l’avais traversé.
Je m’en étais pas aperçue, sur le moment, j’avais regardé droit devant.
Je m’étais pas rendue compte que je laissais derrière moi tout ce qui devait y être, je le faisais simplement, naturellement, sans réfléchir. J’ai laissé les cadavres pour qui je ne pouvais plus rien, j’ai cessé de me soucier d’autres choses que de ma traversée, je me suis détendue, assouplie, concentrée. J’ai pris des décisions, joué des coups, le ventre noué par l’appréhension. J’ai savouré les victoires. Une par une. Je ne me suis pas arrêtée, pas cachée, je n’ai pas fait demi-tour, je ne me suis pas réfugiée dans un coin sombre en attendant que ça se fasse tout seul.

J’ai eu pas mal de chance, pas de blessure fatale à déplorer, quelques égratignures, quelques cauchemars de temps en temps, rien que le temps ne guérira pas. Des cicatrices qui auront leur sens et serviront de rappel quand il faudra.

Il ne faut pas s’attarder. La prochaine bataille est annoncée. Je m’y prépare aguerrie, mieux armée, changée. Elle n’aura sans doute rien à voir.

On en reparle au prochain coup d’oeil en arrière, à l’autre bout du monde.